J’aurais pas dû écouter France Inter

J’aurais pas dû, je sais, mais vers 7h45 ce matin j’ai entendu à la radio un discours extrême, vraiment extrême… Pas d’extrême droite (comme on en entend souvent) encore moins d’extrême gauche (c’est plus rare) un discours extrêmement du coté de la domination économique actuelle. Un discours pro-délocalisation, un discours pro-patron, pro-précarité… Une façon de présenter les choses d’une telle partialité que j’aurais pu vomir le petit-dèj si j’en avais pris un… Le gars, je sais pas qui c’est, je crois que je préfère pas savoir, ça doit être un genre de Christophe Barbier ou un « expert » dans le genre comme ils en fabriquent à la chaîne et dont le temps d’audience ne se compte pas par minute d’antenne tous les 3 mois, mais par heures entières quotidiennes.

Le topo commence fort, d’entrée il parle des « violences » à Air France, vous avez bien compris dans quel sens, ils sous-entend de manière explicite que c’est les salariées en colères, eux-mêmes, qui ont produit ce qui « fait » l’actualité, ça n’a jamais été les 2900 licenciements le cœur du sujet. France Air France
Il fait ensuite péter tous les compteurs d’arrogance avec un discours sur les « deux gauches » une gauche qui à l’habitude de faire des compromis et une gauche de tradition « violente »… se contredisant quelques minutes après en parlant d’une gauche qui aurait la tradition de respecter les patrons… et qui serait donc « trahie », une gauche qu’il tient pour responsable des délocalisations parce qu’elle refuse sans cesse qu’on « assouplisse » le droit du travail…
Stop, je vais pas vous infliger plus ici ce que j’aurais pas dû écouter déjà au départ…

En 2010 sur un festival, j’ai rencontré un ancien syndicaliste au chômage qu’était entrain d’essayer de devenir comédien. Un gars qui venait de passer sur toutes les télés et qui comprenais pas encore bien tout ce qui lui arrivait. Un type super sympa, devenu brusquement connu partout en France comme un ouvrier pratiquant la désobéissance civile et saccageant les préfectures pour alerter les dirigeants sur la situation dramatiques causé par ces entreprises et leurs pratiques desastreuses. Ce gars, ce pote qui me raconte parfois les drames humains qu’il a pu voir autour de lui depuis, je l’ai trouvé bien courageux d’aller au grand journal avant-hier pour parler du sort de millions d’ouvriers à qui on arrache un peu plus que la chemises en pratiquant le dumping social gé-né-ra-li-sé. En France, comme partout les gens n’ont plus aucun contrôle sur leur métiers, les syndicats hurlent dans le vent, les grosses boîtes ferment les unes après les autres pour s’installer quelques années dans un pays où ils auront le droit de payer les gens encore moins cher… avant de délocaliser à nouveau pour de nouveaux terrains encore plus propices au saccage écologique et au semi-esclavage.

Que la classe ouvrière soit mondiale, régionale ou locale, l’œuvre des puissants est toujours de casser l’unit, le regroupé, le révolté. La voix des puissants est souvent stratégique, se revendiquant de la démocratie, du débat, mais… ce n’était même pas ça ce matin. Ce matin on a pû entendre un vrai extrémisme, une injonction à se soumettre à l’ordre actuel. Une mise-à-pied, une convocation dans le bureau du directeur du pauvre petit auditeur lambda qui aurait eu une étincelle de joie en voyant une bordille torse-poil filer dans son jet privé. En langage policier on appelle ça une « dernière sommation »… on vous aura prévenu, la prochaine ils hésiteront pas à tirer dans le tas, pour venger tous ces beaux habits déchirés.

Allez, pour la peine vous me copierez 200 fois « Je ne dois pas toucher à la chemise de mon patron ».

One Response to “J’aurais pas dû écouter France Inter”

  1. duval 15/10/2015 at 11 h 25 min #

    super ton article .. Je n’en avais pas eu une perception aussi forte mais mes oreilles sont sans doute trop habituées aux propos lénifiant de Cohen..
    Par rapport à Mathieu lui m’a réveillé .. c’est bien que tu sois son pote..

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