Rentier

(Paroles : Duval Mc / Musique : Gilles Stroch-Duval Mc)

Pour mon anniversaire, on m’a offert
Un petit château dans le pays basque
Un pyjama en peau d’ours polaire
Et la nationalité monégasque
Depuis le temps qu’on décompte mon or, mes comptes et mes notes
Je mérite au moins trente milliards de paires de menottes
Je suis expert des nombres à six zéros
Bien sûr, je vexe les miséreux
L’art de l’usurier, je le maîtrisais déjà
Avant de sortir des couilles à papa
La maille les patates, depuis quatre cents ans
Ma famille a dans le sang l’amitié des puissants
Parfois j’ai des remords, je palpe un salaire
100 fois supérieur à celui qui sait faire
une maison, enseigner l’écriture
Moi je ne sais faire que des signatures

Je suis rentier
Mes comptables taffent, on me masse les pieds
Je suis rentier
C’est mon argent que l’on fait travailler
Je suis rentier
J’avais un poil au torse, on me l’a épilé

J’ai des hassenet pour le paradis fiscal
Trois cents Hibiscus
Excusez mon mode de vie scandale
Mon angora s’appelle Britannicus
Là-haut sur la côte, ma vue ? Les vagues
Les aigles me draguent et les journalistes
Me soufflent à l’oreille de jolies phrases

Mon cuisinier, mon palefrenier
Ne voient décoller pour les îles vierges
Aucun mandat, aucune charge
Tout transite par disques durs
Je palpe chaque jour en taux d’intérêt
De quoi refaire la toiture du musée d’Orsay
J’ai un bateau taille réelle dans le salon
De ma baraque au bord du lac Leman
Je suis le Mozart de l’usure
Ma caillasse attire la thune, sûr!
Contre les ponctions, j’ai X plans B
De nos jours on aide ceux qui veulent flamber
La chute des riches est-ce dans les fables ?
Les notaires savent qui est solvable

On ne prête qu’au riche, prêtez l’oreille
Je surfe sur l’oseille
Pendant qu’on taille la pierre ou qu’on plie la tôle
Les orteils en éventail on gère mon pactole
Et du plus bel hôtel au plus petit appart
Vers mes comptes en Suisse tous les loyers partent
On m’envie, mais j’ai pas choisi
La routine, les soirées luxembourgeoises
Ici-bas je me gave de sushi
Garage privé, pas de rafut
Les petits gangsters ne m’ont jamais vu
Pour eux suis-je une légende, une hallu ?
Moi je n’entends pas leur nom dans mes revues
On s’ignore, même pas je les calcule
Ma baraque est pas de celles qu’ils cambriolent
D’ailleurs celui qui veut me faire le portable
Devra se payer le GIGN alors
Mémorisez, il n’y a pas de crise
Y’a que des Al Capone et pas de Starsky
Car il y a deux types de bandits, ceux qui
vont en prison et ceux qui les construisent

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